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Pratiques sociales de la racialisation, de l’altérisation et de la domination dans l’esclavage et le post-esclavage

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Vendredi de 15 h à 17 h (salle 3, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 8 novembre 2019 au 12 juin 2020. Cf. calendrier des séances ci-dessous

  • Vendredi 8 novembre 2019
  • Vendredi 22 novembre 2019
  • Vendredi 29 novembre 2019
  • Vendredi 13 décembre 2019
  • Vendredi 17 janvier 2020 (séance annulée)
  • Vendredi 24 janvier 2020 (séance annulée)
  • Vendredi 31 janvier 2020 (salle 1, 105 bd Raspail)
  • Vendredi 14 février 2020
  • Vendredi 28 février 2020
  • Vendredi 13 mars 2020
  • Vendredi 20 mars 2020 (salle 1, 105 bd Raspail)
  • Vendredi 27 mars 2020
  • Vendredi 24 avril 2020
  • Vendredi 15 mai 2020 (salle 11, 105 bd Raspail)
  • Vendredi 12 juin 2020

Ce séminaire commun aux centres Mondes américains et au CIRESC (USR 2000 CNRS) retrace, dans une perspective pluridisciplinaire, la généalogie des pratiques d’altérisation qui fondent la stratification des sociétés esclavagistes et post-esclavagistes. Magali Bessone (professeure à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Klara Boyer-Rossol (postdoctorante à l’EPHE, labex HAFTEC), Ary Gordien (postdoctorant à l’Université Paris 8) et Romy Sanchez (chargée de recherche au CNRS, Université de Lille) participent aussi à l'animation de ce séminaire.

Cette réflexion collective se propose de revisiter l’histoire des processus de racialisation et de métissage, de défaire l’évidence du lien, trop souvent admis, entre race et couleur dans les sociétés esclavagistes et post-esclavagistes et de contraster ces processus de domination avec d’autres plus inexplorés. Nous souhaitons interroger la tension entre pratiques d’altérisation et idéal de « citoyenneté moderne », inscrit dans l’horizon de l’égalité civile et politique, comme enjeu majeur de la construction des sociétés démocratiques. L’attention portée par l’historiographie aux abolitions a paradoxalement occulté les formes d’altérisation durables, notamment — mais pas uniquement — celles fondées sur les différences ethno-raciales, comme enjeu démocratique et/ou républicain.

Ce séminaire inscrit l’histoire de ces pratiques dans le temps long en les considérant non pas comme un processus linéaire mais davantage comme un ensemble de dynamiques distinctes selon les lieux et les temporalités. La dimension généalogique de la transmission de la dignité et de l’indignité à travers le temps et les corps est ainsi mise en lumière. Les pratiques d’altérisation économiques, politiques, juridiques, culturelles, somatiques, ontologiques et épistémiques sont ainsi repensées en dehors des enjeux de la grande traite négrière atlantique, trop souvent prise comme cadre d’interprétation paradigmatique des esclavages.  

Pour analyser le fonctionnement de ces rapports de domination, il s’agit d’étudier ainsi des périodes parfois négligées par les historiens (Antiquité et Moyen Âge) et de mettre en relation les espaces américains, européens, africains et les îles de l’Océan Indien, dans l’espoir de remettre en cause une certaine fragmentation historiographique. Les complexités de la racialisation et du colorisme, points nodaux de l’expérience esclavagiste transatlantique, seront mises en regard avec d’autres logiques d’infériorisation moins connues et explorées. Par exemple, en  Europe, en Afrique et dans l’Océan Indien, la culture, la filiation, l’ethnicité, la langue, la religion ou l’honneur peuvent s’avérer, sur le temps long, plus opérants que la race et la couleur pour comprendre certaines dynamiques.Enfin, l’une des visées de ce séminaire est de saisir comment se sont transmises des logiques et des pratiques d’altérisation, d’infériorisation et de domination. Par quelles pratiques passe la reproduction des stratifications des sociétés post-esclavagistes, comment ont-elles évolué et quels sont les changements en cours ? L'analyse des mobilisations politiques des populations descendantes d’esclaves au prisme de la réalité du maintien de cercles de pouvoir restreints d’élites esclavagistes ou composées de descendants d’esclavagistes représente à ce titre un objet d’étude essentiel. L'appréhender permet de se pencher sur les continuités et les mutations des revendications portées et des mécanismes de domination contestés.

8 novembre : Giulia Bonazza, université Ca' Foscari de Venise, CIRESC : « Abolitionism and the Persistence of Slavery in Italian States, 1750-1850 »

22 novembre : Nicolas Martin-Breteau, université de Lille : "La suprématie blanche était presque mondiale": W.E.B. Du Bois, la Première Guerre mondiale et la notion de whiteness.

29 novembre : Luis Nicolau Parès, université fédérale de Bahia: « Les affranchis du Brésil dans le commerce atlantique à la période de la traite illégale (1835-1845) »

20  décembre : Klara Boyer-Rossol, université Paris 7 Diderot, université Sophia Antipolis, CIRESC : « Migrants forcés et colonisés est-africains et malgaches dans le Sud-Ouest de l’océan Indien (de la fin du XVIIIe au début du XXe siècles). Catégorisation, domination et dynamiques de groupe »

17 janvier : Anne Lafont, EHESS : « L'art et la race. L'Africain (tout) contre l'oeil des Lumières. » (Attention en salle 1)

24 janvier : Graziela moraes Silva, The Graduate Institute Geneva : "Who is entitled to reparation? The case of affirmative action verification committees in Brazil"

31 janvier : Marlène Daut, université de Virginie : « Le Baron de Vastey d’Haïti et L’Atlantique Noire. » (Attention en salle 1)

14 février : Clémence Léobal, CNRS : « La blancheur bakaa: usages d'une catégorie transatlantique en Guyane de l'Ouest. »

28 février : Victor Barros, université de Coimbra : « Fête de la Race dans les Colonies Portugaises Pendant la Dictature de Salazar: Colonialisme, Mémoire d'Empire et Racialisation du Récit Historique »

13 mars : Baptiste Bonnefoy, EHESS : « L’enchevêtrement des appartenances. Miliciens de « couleur » dans les villes espagnoles, françaises et britanniques de la Caraïbe (XVIIe-XVIIIe siècles). »

27 mars : Hourya Benthouami, université de Toulouse-Jean Jaurès : « Phénoménologie du passing. Sur l’expérience vécue de la disjonction entre race et couleur »

10 avril : Pauline Picot, université Paris-Est Créteil : "Enjeux mémoriels dans les mobilisations antiracistes post- et décoloniales franciliennes (2005-2019)"

24 avril : Jean-Paul Zuniga, EHESS : titre à venir

15 mai : Antonio De Almeida Mendes, université de Nantes, CIRESC et Alessandro Stanziani, EHESS, CNRS : titre à venir (Attention en salle 11)

22 mai : Ariela Gross, université de Californie du Sud : « Becoming Free, Becoming Black: Race, Freedom, and Law in Cuba, Virginia, and Louisiana »

12 juin : Myriam Cottias, CNRS : « Les quatre voies du monde » : déplacements atlantiques et inter-individualité des affranchissements au 19è siècle.

Aires culturelles : Afrique, Amériques, Asie, Atlantiques (mondes), Europe,

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & parcours :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations des Amériques

Intitulés généraux :

Renseignements :

pour tous renseignements pratiques, contacter Céline Flory par courriel.

Direction de travaux d'étudiants :

sur rendez-vous uniquement. Contacter Céline Flory par courriel (uniquement pour les master) ou Myriam Cottias par courriel (master et doctorat)

Niveau requis :

à partir du master 1. 

Site web : http://www.esclavages.cnrs.fr/

Adresse(s) électronique(s) de contact : celine.flory(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 22 janvier 2020.

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