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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Les arts en Afrique et dans ses diasporas : pratiques, savoirs, mobilités

  • Christine Douxami, maîtresse de conférences à l'Université de Franche-Comté (TH) ( IMAF )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

  • Sarah Fila Bakabadio, maître de conférences à l'Université de Cergy-Pontoise ( Hors EHESS )
  • Katja Gentric, chargée de cours à l'Université de Cergy-Pontoise ( Hors EHESS )
  • Dominique Malaquais, chargé de recherche au CNRS ( IMAF )

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Jeudi de 18 h à 21 h (auditorium, sous-sol, Cité internationale des arts, 18 rue de l'Hôtel de Ville 75004 Paris), du 7 novembre 2019 au 18 juin 2020. Cf. calendrier ci-dessous

Julie Péghini participe à l'organisation de ce séminaire.

Ce séminaire propose de réfléchir aux rôles moteurs des formes, des pratiques et des savoirs artistiques dans l’élaboration et dans la circulation de structures, mouvements, idéologies et imaginaires politiques sur le continent africain et dans ses diasporas, sur la longue durée. Aussi, nos travaux porteront sur les arts visuels et performatifs au sens large du terme (danse, théâtre, arts plastiques, photographie, cinéma, musique, littérature, arts numériques…) et s’inscriront dans une démarche à la fois historienne, critique et transdisciplinaire. Anthropologie, archéologie, histoire, histoire de l’art, sciences politiques, cultures visuelle et matérielle, études coloniales, postcoloniales, décoloniales et diasporiques de l’Afrique… se côtoieront et se questionneront mutuellement. Les séances s’articuleront autour de présentations de chercheurs (théoriques, méthodologiques ou fondamentales)  et/ou de praticiens, que ce soient des artistes, des acteurs culturels ou des activistes. Divers et reflétant une large palette de points de vue, les travaux et les approches présentés auront en commun de prendre acte du fait que travailler (sur) les intersections entre art(s) et politique(s) suppose un engagement au fondement duquel la réflexion et la théorisation sont de mise.

Le thème de cette année portera sur les formes performatives contemporaines en Afrique et dans ses diasporas à l'aulne de leurs engagements politiques.

Protéiforme, le geste performé échappe à tout cadre. De cette liberté et du lien intime qu’il entretient avec un lieu, une histoire, un public nait une pratique qui sait avec force penser et infléchir le politique. C’est le cas en particulier dans les Afriques, où se déploient aujourd’hui des expérimentations d’une grande radicalité autour des formes, des significations et des possibles de la performance.

Because it takes on multiple shapes, live (or performative) art cannot be formatted. This and the intimate link that it entertains with a site, a history, a public makes it a powerful tool for thinking through and inflecting political states of affairs. This is so in particular in the African world, home, today, to radical experiments around the form, the meaning and the potential of performance.

Interventions et échanges en français et en anglais.

Ouvert à tou·te·s

Jeudi 7 novembre 2019 (Cité Internationale des Arts, de 18 h à 21 h) : SYSTEME K : Performer à Kinshasa

  • Projection du film Système K (2018), de Renaud Barret (cinéaste).
  • Discussion entre Renaud Barret et Aline Pighin (historienne de l’Art, CESSMA, Université Paris Diderot)
  • Suivie d’une performance d’Éric Androa Mindre Kolo (artiste), Pas peur de mourir.

Présentation des participants, du film et de la performance :

Renaud Barret

Après des études en arts visuel et photographie à Paris, Renaud Barret se passionne pour les cultures urbaines des capitales africaines. Il rencontre Kinshasa en 2003 et n’en est plus jamais vraiment reparti. Il monte une structure La Belle Kinoise Prod et produit et réalise 5 documentaires à Kinshasa (certains avec Florent de La Tullaye). Dans ses films, il s’intéresse toujours aux outsiders, à ceux qui, sur le papier ont perdu d’avance, mais qui à force de persévérance finissent par accéder à leurs rêves. Son travail photographique documente depuis 15 ans la ville en mutation et sa scène artistique bouillonnante.

En parallèle, à son activité de cinéaste et photographe, il produit également des musiciens de Kinshasa : Jupiter & Okwess, Staff Benda Bilili, Mbongwana Star et récemment Kokoko !

https://vimeo.com/213202905/2f9f2b7e02

Système K - Renaud Barret (2018). Production : Les films en Vrac

Au milieu de l'indescriptible chaos social et politique de la République Démocratique du Congo, une scène contemporaine bouillonnante crée, crie sa colère et rêve de reconnaissance. Malgré le harcèlement des autorités et les difficultés personnelles des artistes, le mouvement envahit la rue et plus rien ne l'arrêtera !

Aline Pighin

Aline Pighin est chercheure au CESSMA (Université Paris Diderot). Elle a été chargée d'études et de recherche à l'Institut national d'histoire de l'art pour le domaine Histoire de l'art mondialisée (2014-2017), où elle a collaboré aux expositions Made in Algeria (2015) et Sismographie des luttes (2017) ainsi qu'à leurs programmations, et assistante de recherche pour l'Archive des festivals panafricains : Panafest Archive (2018). Elle achève une thèse en histoire et en histoire de l'art qui porte sur la formation artistique et les scènes plastiques des années 1940-1970 à Kinshasa, Lubumbashi et Brazzaville. L’interrogation des catégories esthétiques et des frictions dans la mise en récit des arts sont au cœur de ses travaux. Le souci de la réactivation de la parole des artistes dans ces récits l'a amenée à travailler avec plusieurs générations d'entre eux et à déborder la chronologie — peintres et sculpteurs, modernes, vidéastes et performeurs, contemporains.

Éric Androa Mindre Kolo

Éric Androa Mindre Kolo a étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa et à la Haute École des Arts du Rhin à Strasbourg. Sa pratique se développe entre performances, installations, collages et dessins. Elle a pour thématique principale la mémoire politique. Éric Androa Mindre Kolo est également commissaire d’exposition et est le fondateur du collectif Bingo Cosmos, dont les activités sont centrées sur le quartier de Hautepierre à Strasbourg. https://androamindrekolo.wordpress.com

Performance d’ Éric Androa Mindre Kolo : « Pas peur de mourir »

Mon corps rend hommage aux milliers de personnes qui au ont dû quitter leur pays et leur famille pour aller chercher la vie, la paix, le travail, la sécurité. Certains d'entre eux ont perdu la vie au cours de leur voyage.

« Quelqu'un qui part et envisage l'éventualité d'un échec, celui-là peut trouver le péril absurde et donc l'éviter. Mais celui qui part pour la survie, qui considère que la vie qu'il a à perdre ne vaut rien, celui-là, sa force est inouïe parce qu'il n'a pas peur de la mort »

Fatou Diome, écrivaine

Cette performance traduit certains moments de ce voyage, véritable calvaire entre la vie et la mort, la douleur et l'espoir.

12 décembre 2019 : Théâtre de l’opprimé et questionnement des identités de genre et de race

Intervention d’Antonia Pereira Bezerra, professeure de Dramaturgie et de Théâtre à l’École de Théâtre (Université Fédérale de Bahia, Brésil).

9 janvier 2020 : Corps entravés, corps fugitifs, imaginations artistiques et engagements politiques

Intervention d’Elvan Zabunyan (historienne de l’art, Université Rennes 2)

23 janvier 2020 : Les légendes naissent-elles dans les films ? Relations de miroir entre la culture ballroom et les images animées

Intervention de Stéphane Gérard (réalisateur de documentaires, danseur et chercheur indépendant)

Mercredi 5 février 2020 (de 18 h à 21 h) : Pour une convergence des luttes à la Cité des Arts

Depuis plus de cinquante jours, des centaines de milliers de personnes sont en grève, manifestent, débattent. Si la réforme du système des retraites s’est avérée le catalyseur de ce mouvement, il ne peut, en aucun cas, être envisagé de manière isolée. Il demande à être pensé en lien avec d’autres phénomènes, symptômes et stigmates d’un système politique et économique qui, à l’échelle de la planète, ravage vies, espoirs et possibles.

Racisme systémique ; refoulement de femmes, d’hommes et d’enfants fuyant zones de guerre et abjectes conditions économiques ; violences policières ; féminicides ; précarisation des plus faibles ; monétarisation de l’enseignement et de la recherche, de la pensée (loi LPPR voulue par le gouvernement Macron) ; réponses inexistantes, voire déni ou tout bonnement sabotage, face à un climat de plus en plus déréglé... Faire le lien entre ces divers phénomènes — et de ce fait faire converger les luttes — est vital. Il y va de la survie de notre monde.

En cette période extraordinairement difficile et pourtant galvanisante — car les gens se battent, ils se battent vraiment ! — nous proposons à ceux d’entre vous qui assistent à notre séminaire et à tous ceux qui souhaiteraient les rejoindre une soirée d’échanges sur la convergence des luttes.

En compagnie de Nacira Guénif, sociologue et anthropologue, professeur des universités à l'université Paris 8, et de Geneviève Nakach, agrégée de lettres, militante syndicale et politique.

5 mars 2020 : Emotional Archive (dreams) : being far from nature does not make you less of a human. Séance avancée au 4 mars de 18 h à 21 h

Le mercredi 4 mars nous accueillerons Euridice Zaituna Kala pour une conférence performée avec le titre « Archive Fragile ».

Cette séance aura lieu à la Cité Internationale des Arts, 18 rue de l’Hôtel de Ville, 75004 Paris (entrée en face du métro Pont Marie – ligne 7) dans l’auditorium (sous-sol).

12 mars 2020 : L’Algérie, entre mémoires de la colonisation et geste révolutionnaire En raison des restrictions de déplacement mises en place autour de l’épidémie du Covid-19, Bahia Bencheikh El Fegoun qui travaille et réside à Alger, ne pourra venir à Paris le jeudi 12 mars. En conséquence, nous reportons le rendez-vous “Performer le politique” (Dialogues Afriques #7) au vendredi 26 juin, de 18h à 20h

Interventions d’Alice Carré et de Margaux Eskenazi, metteur·e·s en scène du spectacle « Et le cœur fume encore » (2019) ; projection du film Fragment de rêves, de Bahïa Bencheikh-El-Fegoun ; échanges entre Alice Carré, Margaux Eskenazi, Bahïa Bencheikh-El-Fegoun et Salima Tenfiche (chercheuse en études cinématographiques, Paris 7)

26 mars 2020 : Batho ba

Conférence performée de Lerato Shadi (artiste)

9 avril 2020 : Acts of Transgression: Contemporary Live Art in South Africa (part one)

Intervention de Jay Pather (chorégraphe, curateur et metteur en scène, Director, Institute for Creative Arts, University of Cape Town)

14 mai 2020 : Decolonial Approaches to Creative Practice from the Global South

Intervention de Kadiatou Diallo (curateure indépendante, chercheure, Université de Bâle)

21 mai 2020 : Art and Afrodescendant Mobilization in Latin America, 1960s-2010s

Intervention d’Alejandro de la Fuente (Historien, Harvard University)

12 juin 2020 : Acts of Transgression : Contemporary Live Art in South Africa (part two)

Intervention de Jay Pather (chorégraphe, curateur et metteur en scène, Director, Institute for Creative Arts, University of Cape Town)

18 juin 2020 : Prendre la scène : un assaut nécessaire pour les comédien(ne)s et performeur(e)s afropéen(ne)s

Intervention d’Eva Doumbia (metteure en scène, auteure)

26 juin 2020 : L’Algérie, entre mémoires de la colonisation et geste révolutionnaire

Interventions d’Alice Carré et de Margaux Eskenazi, metteur·e·s en scène du spectacle « Et le cœur fume encore » (2019) ; projection du film Fragment de rêves, de Bahïa Bencheikh-El-Fegoun ; échanges entre Alice Carré, Margaux Eskenazi, Bahïa Bencheikh-El-Fegoun et Salima Tenfiche (chercheuse en études cinématographiques, Paris 7)

Aires culturelles : Afrique, Amériques, Europe,

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & parcours :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulés généraux :

Renseignements :

Modalités de validation des connaissances :

Chaque étudiant·e devra rédiger un compte-rendu critique et synthétique de trois articles de son choix en lien avec une ou des thématiques explorées lors d’une ou plusieurs séances du séminaire. L’objectif de cet exercice est de lui permettre d’approfondir des questions qui, au cours d’interventions présentées lors du séminaire, ont particulièrement retenu son attention. Le compte-rendu devra être d’environ 4 pages, interligne simple, sous format Word (.doc, .docx). Il sera envoyé par email à l’une des responsables du séminaire ainsi que les articles utilisés pour rédiger le compte-rendu : Christine Douxami, Sarah Fila-Bakabadio, Katja Gentric, Dominique Malaquais, Julie Peghini

Rendu : le 15 juin 2020

Public concerné : Master 1 et 2.

Direction de travaux d'étudiants :

par les quatre enseignants.

Réception :

à 17 h 30 avant chaque séminaire sur demande préalable par courriel.

Niveau requis :

être inscrit en master pour validation des ECTS mais ouvert aux auditeurs libres.

Adresse(s) électronique(s) de contact : chrisluabela(at)yahoo.fr, dmalaquais(at)gmail.com, bakabadio(at)hotmail.com, katjag.dm(at)gmail.com

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 11 mars 2020.

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