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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Décentrement culturel et circulations de savoirs

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e jeudi de 15 h à 17 h (Campus Condorcet, salle 0.031, bâtiment Recherche Sud, Cours des Humanités 93300 Aubervilliers), du 14 novembre 2019 au 12 mars 2020

Henry Chavez (docteur de l'EHESS), Gabriela Del Salto (doctorante, CRESPPA/GTM, Université Paris-Nanterre) participent à l'organisation de cet atelier.

Cet atelier s’inscrit dans un projet de réflexion de long terme qui vise à créer un espace de dialogue multidisciplinaire autour de la question du décentrement culturel dans les recherches de doctorant.e.s et chercheur·e·s qui s’intéressent aux rapports centre – périphérie. Cet atelier est ouvert à tous les doctorant·e·s souhaitant construire un débat sur l’eurocentrisme, le colonialisme intellectuel, la domination sur les échanges économiques, politiques et idéologiques entre l’occident et ses périphéries, ainsi que le rôle de la circulation des élites intellectuelles dans ce processus. L’objectif est de contribuer à une réflexion au-delà de l’Europe et du « Nord global » sur les interconnexions, les dépendances et les dynamiques historiques produites par le dialogue entre différentes formes de production de savoir. Cette réflexion croisée peut contribuer aussi à mettre en évidence les connexions entre des régions spécifiques et des structures globales très souvent négligées ou cachées par la persistance de certains aprioris eurocentriques dans la pensée hégémonique.


14 novembre : présentation de Pierre Prouteau (doctorant en anthropologie à l’EHESS/CASE et à l’Université Paris-Nanterre/LESC) : Machines et potentiels – le sound system comme dispositif de décentrement et  de positionnement en Thaïlande (en France) et dans le monde

En m’interrogeant sur la place du son amplifié et collectif en Thaïlande – ce que j’appelle sound system, khruang siaeng en Thaï – je commence à m’interroger sur sa place en France. Quel est le potentiel du sound system ? Que fait-il en Thaïlande qu’il pourrait faire en France ? En Thaïlande, il me semble depuis, en fait très longtemps, on cherche à (s’)amplifier, à impressionner perceptivement et esthétiquement, à prendre le pouvoir par les sons et le sens, oralisés, sonorisés, rendus attractifs empruntant à toutes les palettes de l’humain, des plus physiques aux plus métaphysiques, en passant par toutes les émotions, de l‘impact à la caresse, en passant par la révélation. Il existe des armes pour cela et le sound system en est une. Rien de bien particulier à cela, peut-être, mais c’est la Thaïlande qui me l’a appris et ces aspects me semblent y être exacerbés dans beaucoup de contextes.

Le sound system a cette particularité que ses composants peuvent être combinés à l’infini, et surtout multipliés à l’infini, et qu’il peut amplifier et rendre ubique n’importe quel son. Y a-t-il donc une limite au nombre d’enceintes que l’on peut combiner – en fait jusqu’où cela peut-il aller ? Par rapport à ce potentiel, je reviens encore une fois à cette question qui me taraude ; celle de l’engagement. Mais où, en Thaïlande ? En France ? à l’Université ou au dehors ? Très humblement, et en guise de dernière question ; quels pourraient-être les rôles possibles de l’anthropologie, de la musique et du son ? Pour cette mise au point, je propose donc beaucoup d’interrogations sur mon sujet, et sur moi en tant que sujet, dans le cadre d’une immersion aboutie, d’un parcours bientôt en suspension – thèse en cours/fin de rédaction – et enfin quelques pistes et perspectives à discuter. Des écoutes de nombreux enregistrements audios viendront nourrir et illustrer la réflexion.

12 décembre : exhibition du film Le soliloque des muets, réalisé par  Stéphane Roland, suivie de débat :
 
En Indonésie, les anciens prisonniers politiques du Nouvel Ordre de Suharto sont muselés depuis 50 ans par un système d’oppression toujours actif malgré la démocratie. À travers un tribunal populaire symbolique organisé à La Haye, ainsi qu’un voyage dans l’archipel à leur rencontre, les victimes du régime s’expriment enfin sur leur terrible vécu. C’est alors l’un des plus importants crimes contre l’humanité du XXe siècle qui se dévoile.
 

Adresse(s) électronique(s) de contact : circulationsavoir(at)gmail.com

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 13 novembre 2019.

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