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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Genre et histoire de l'art

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Un vendredi par mois de 10 h à 12 h (INHA, 2 rue Vivienne 75002 Paris), du 22 novembre 2019 au 24 avril 2020. Cf. programme détaillé

Ce séminaire se propose de revenir sur les liens fondamentaux entre l’histoire de l’art et les problématiques de genre considérés du point de vue des sciences humaines et sociales. L’enjeu majeur sera d’étudier comment la production artistique et les pratiques afférentes aux savoirs sont, depuis la période moderne, irriguées par les positions théoriques et critiques féministes. Un demi-siècle de publications et d’expositions – et plus encore depuis vingt ans – ont donné lieu à des réflexions fondamentales sur les discours artistiques et les matériaux visuels anciens et contemporains du point de vue des études de genre. Le séminaire compte s’en faire l’écho en retraçant les différentes étapes de construction des féminismes – non seulement en Occident mais à travers le monde. Il s’agira d’en faire l’histoire en se fondant sur les différentes formes artistiques qui se sont trouvées au cœur des luttes contre les discriminations de sexe et de genre mais aussi de contextualiser la création telle qu’elle fut et demeure imbriquée dans des discours féminins et/ou féministes, ou encore dans la pensée marxiste radicale, l’activisme LGBTQI, la conscience écologique et le combat contre les inégalités économiques. À partir de lectures et d’études de cas (expositions, œuvres, images, médias), le séminaire travaillera à comprendre comment les théories féministes et les études de genre transforment l’histoire de l’art.

Programme :

22 novembre 2019 (salle P. J. Mariette) : Giovanna Zapperi, Old Mistresses : parcours intellectuels et politiques de Griselda Pollock et Roszika Parker

En vue de la traduction française de l’ouvrage Old Mistresses de Griselda Pollock et Roszika Parker (prévue en 2020), cette séance propose de revenir sur le parcours intellectuel et politique de deux auteures dans les années 1970 et 1980.

13 décembre 2019 (salle W. Benjamin) : Ariane Temkine, Fictions queers, quelle présence pour des personnages cachés ? Le cas du queer coding dans le cinéma d'animation Disney.

Cette séance se proposera de penser l'enjeu représenté par les personnages queers dans les produits culturels de grande audience, et plus particulièrement les films d'animation Disney. Les films Disney capitalisent sur une réputation d’innocence qui les destine en particulier aux enfants et aux familles. Pourtant ils abondent en personnages déviants des normes de genre et de sexualités hégémoniques. En français le terme queer coding forgé sur les réseaux sociaux, pourrait se traduire par crypto-gay ou crypto-queer. L’enjeu représenté par ces personnages consiste à cerner leur existence à l’écran, différemment des personnages hétérosexuels blancs autorisés à vivre et à parler de leurs affections au grand jour. La séance est reportée au vendredi 15 mai 2020, INHA, salle Mariette, 10h-12h

17 janvier 2020 (salle G. Vasari) : Johanna Renard et Clélia Barbut, Pour une archéologie féministe des émotions en arts

Les « émotions » et les « affects » représentent des objets complexes, hybrides, et porteurs de défis spécifiquement prometteurs pour l'histoire de l'art. Comment historiciser les politiques émotionnelles qui émergent dans les pratiques artistiques minoritaires, notamment celles des artistes femmes ? Quelles sont les temporalités des « humeurs » et des « sentiments » et ceux-là ont-ils des archives ou des supports mémoriels propres ? Comment les formules affectives rendent-elles compte de l'expérience matérielle du genre ? En problématisant les normes émotionnelles dominantes, nous interrogerons les enjeux méthodologiques et historiographiques dont les phénomènes affectifs sont porteurs, et montrerons en quoi leur mise en partage contribuent à la formation de communautés émotionnelles artistiques et politiques.

14 février 2020 (salle W. Benjamin) : Charlotte Foucher-Zarmanian, Historiennes de l'art (XVIIIe-XXe siècles). Quelques enjeux d'une recherche en cours

D'abord on aurait pu penser comme pour les artistes femmes qu’il n’y a jamais eu - ou finalement très peu - de grandes historiennes de l’art. La réunion d’un corpus conséquent prouve le contraire et pose question à notre discipline, aux mécanismes de transmission, et aux modèles d’identification qui sont véhiculés.
Lors de cette séance, je souhaiterais présenter cette recherche en cours, revenir sur ses origines, ses contours chronologiques et géographiques, son approche méthodologique, ses principales problématiques, qui restent à ce stade encore discutés et discutables.

13 mars 2020 (salle W. Benjamin) : Magali Le Mens, Défabuler : discussion autour de l’ouvrage Modernité hermaphrodite. Art, histoire, culture (Paris, Éditions du Félin, 2019)

Crue pendant longtemps impossible, le plus souvent invisibilitée ou rayée de l’histoire, l’existence des personnes intersexes, autrefois appelées hermaphrodites (les notions se recouvrent quasiment) a eu des conséquences pourtant importantes dans l’histoire, l’histoire de l’art et le monde de la pensée depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu’à maintenant. Le mot défabuler a été employé au moins jusqu’au milieu du XIXe siècle, et a maintenant disparu des dictionnaires. Il signifiait « ôter le caractère fabuleux ».  Adopter cette démarche permet de mieux comprendre comment se nouent différents niveaux d’appréhension et de représentation autour des hermaphrodites, tout autant que dans l’élaboration des notions de féminin ou de masculin. Elle est aussi utile pour dévoiler le principe binaire à l’œuvre dans la notion de la différence des sexes. À l’occasion de cette présentation, j’aborderai comment la présence intersexe – souvent ignorée –  est et a été pourtant centrale dans la construction des études sur le genre.

24 avril 2020 (salle W. Benjamin): Elvan Zabunyan, Autobiographie, autoportrait, écriture féministe subjective et émancipation du corps.

À partir de quelques études de cas choisis dans la littérature et les arts visuels contemporains, il s’agira de réfléchir à la façon dont la représentation de soi dans les pratiques féministes depuis les années 1960 est au cœur d’une volonté politique et d’une historicité in progress.

15 mai 2020 (salle Mariette) : Ariane Temkine, Fictions queers, quelle présence pour des personnages cachés ? Le cas du queer coding dans le cinéma d'animation Disney.

Cette séance se proposera de penser l'enjeu représenté par les personnages queers dans les produits culturels de grande audience, et plus particulièrement les films d'animation Disney. Les films Disney capitalisent sur une réputation d’innocence qui les destine en particulier aux enfants et aux familles. Pourtant ils abondent en personnages déviants des normes de genre et de sexualités hégémoniques. En français le terme queer coding forgé sur les réseaux sociaux, pourrait se traduire par crypto-gay ou crypto-queer. L’enjeu représenté par ces personnages consiste à cerner leur existence à l’écran, différemment des personnages hétérosexuels blancs autorisés à vivre et à parler de leurs affections au grand jour

Intitulés généraux :

  • Anne Lafont- Histoire de l'art et créolités
  • Niveau requis :

    les étudiant.e.s libres et les étudiant.e.s de master et de doctorat sont bienvenu.e.s.

    Adresse(s) électronique(s) de contact : anne.lafont(at)ehess.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 10 janvier 2020.

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