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Fantasme, jeu et création. II

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Lundi de 13 h à 16 h (salle A05_51, 54 bd Raspail 75006 Paris), les 14 octobre, 18 novembre, 9 décembre 2019, 10 février, 9 et 23 mars, 11 et 25 mai et 15 juin 2020

Mettant en tension vérité et fiction, nous nous proposons de poursuivre notre réflexion engagée l’année dernière portant sur la révolution épistémologique et praxéologique introduite par Freud autour du langage, de l’image et de ses manifestations dans le symptôme à travers la notion du fantasme. Dans la lettre du 21 septembre 1987, Freud affirme « qu’il est impossible de distinguer l’une de l’autre la vérité et la fiction investie d’affect ». Ce qui intéresse dans le fantasme, ce n’est pas la possibilité d’accéder à un événement traumatique ou à une quelconque réalité mais c’est justement son caractère fictionnel qui lui confère une vérité. C’est sur cette vérité-là que la cure opère.

À partir de cette affirmation générale, nous formulons deux terrains de réflexion, l’un clinique, l’autre épistémologique. Freud a inventé une nouvelle manière de travailler l’inconnu insaisissable. Ainsi, il écrit dans Rêve et télépathie (1922) : « Nous mettons seulement des hypothèses compréhensibles à la place de l’inconnu et de l’incompréhensible. » L’écriture de Freud, son style, invente son objet et produit et met en question la stabilité des régimes de savoir existants et de leurs constructions conceptuelles. L’autre terrain est la nécessaire et constante confrontation des vérités conceptuelles de la psychanalyse à l’expérience transférentielle. Nous n’entendons pas ici le transfert comme une référence à la cure type mais dans la quête d’une formalisation dans des pratiques à la marge liées aux souffrances contemporaines.

À partir des conditions d’instabilité de la cure, nous voudrions interroger le statut du fantasme et du jeu comme source de surprise et de création, et la manière dont la psychanalyse et les sciences sociales en rendent compte. Nous nous intéressons au le jeu au sens de Deleuze (ritournelle, refrain), en tant que production d’individuation à partir d’une intensité face à la confusion et au chaos. Chez Deleuze, un passage vers un nouveau registre se fait à partir de ces procédés de répétition/variation, ouvrant une marge pour faire entrer le contingent dans le but de dépasser le dualisme entre la technique et la vie. Le jeu comme accès à une autre forme de temporalité, comme création d’un espace-temps ; espace-temps qui est aussi création d’un rythme, permettant de dépasser la pure dimension fixe et « automatique » de la technique pour introduire quelque chose de l’ordre de l’interprétation. Le rythme relie le « mécanique » avec le vivant et fonctionne comme charnière entre le technique et l’humain. D’un côté l’automatisme, la destruction, de l’autre côté la création : le rythme est création et l’art consiste à maintenir vivant le rythme. Sortant du dualisme entre technique et vie, une dimension différente de la technique se laisse entrevoir : une technique de l’humain ? un agencement ?

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & parcours :

Domaine de l'affiche : Signes, formes, représentations

Intitulés généraux :

Site web : http://equus.hypotheses.org/

Adresse(s) électronique(s) de contact : franziska.humphreys(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 7 janvier 2020.

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