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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

L'Europe du Sud-Est au prisme spatial. Chantiers de recherche

  • Nathalie Clayer, directrice d'études de l'EHESS, directrice de recherche au CNRS (TH) ( CETOBaC )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

  • Fabio Giomi, chargé de recherche au CNRS ( CETOBaC )

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

4e jeudi du mois de 15 h à 19 h (salle 10, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 28 novembre 2019 au 28 mai 2020. La séance du 28 novembre se déroulera en salle 11 (même horaire, même adresse)

Le séminaire aura pour but de présenter et de discuter des recherches en cours sur le Sud-Est européen (Turquie comprise) entre le XIXe et le XXIe siècle, c’est-à-dire de l’époque tardo-impériale au post-communisme. Dans une approche pluridisciplinaire, il s’agira d’aborder des objets variés (mouvements sociaux, fait religieux, développements économiques, relations de genre, etc.) en insistant sur leurs dimensions spatiales. On se concentrera donc sur l’imbrication des lieux et des rapports sociaux qui leur sont associés, c’est-à-dire sur les modalités à travers lesquelles les interactions sociales sont spatialisées. Le programme sera défini en fonction des intérêts scientifiques des participants qui prendront une part active dans l’organisation et l’animation des séances. Celles-ci pourront avoir différents formats : atelier de lecture, présentation des travaux en cours, intervention de collègues extérieurs, etc.

28 novembre 2019 (salle 11) : Comment le genre fabrique l'espace. Perspectives sud-est européennes

Que fait le genre aux sciences sociales s’intéressant à l'Europe de l'Est et aux Balkans ? Comment peut-il être mobilisé, dans les différentes disciplines, pour dénaturaliser et repenser les aires culturelles ? Lors de la première séance de cette année, organisée en collaboration avec la revue Clio. Femmes, Genre, Histoire, nous nous proposons de répondre à ces questions à partir de deux ouvrages récents : le dossier dirigé par Fabio Giomi et Ece Zerman « Genre et espace (post-)ottoman », Clio. Femmes, Genre, Histoire n°48, 2018/2, et le livre de Ioana Cîrstocea, La fin de la femme rouge ? Fabriques transnationales du genre après la chute du Mur, Presses Universitaires de Rennes, Rennes 2019. Il s’agit d’interroger les processus genrés à l’œuvre dans la reconfiguration d’espaces politiques et sociaux lors des bouleversements introduits par la fin des Empires (par l’étude des associations, de la presse, de groupes professionnels, ou des communautés savantes) mais également de questionner la manière dont le genre modifie l’espace plus conceptuel des historiographies nationales et des sciences sociales en général.

La séance sera structurée en quatre parties :

  • Nathalie Clayer (EHESS-CNRS, CETOBaC), Introduction
  • Fabio Giomi (CNRS, CETOBaC), L'espace (post-)ottoman au prisme du genre. Retour sur les enjeux théoriques et empiriques
  • Ioana Cîrstocea (CNRS, CESSP), (Re)faire le genre, (dé)faire l'« Europe de l'Est ». Autour de l'ouvrage La fin de la femme rouge ?
  • Rebecca Rogers (Université de Paris, CERLIS), La revue Clio, le genre et les enjeux du décloisonnement des espaces

Afin de mieux contribuer à la discussion, les participant.e.s sont invité.e.s, s'ils/elles le souhaitent, à lire les trois textes disponibles ici :

  • Maria Todorova, « Spacing Europe: What is a Historical Region? » East Central Europe, Volume 32: Issue 1-2, 2005, pp. 59-78.
  • Ioana Cîrstocea, « Introduction », La fin de la femme rouge ? Fabriques transnationales du genre après la chute du Mur, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2019, pp. 11-56.
  • Fabio Giomi et Ece Zerman, « L’espace post-ottoman au prisme du genre », Clio. Femmes, genre, histoire, 48, 2018, pp. 7-16.

Le séminaire sera suivi par un cocktail convivial organisé par l’association Clio. Femmes, Genre et Histoire et le CETOBaC.

23 janvier : Écrire l’itinérance 

Littérature de l’exil, littérature de voyage, les textes étudiés au cours de la séance racontent la fréquentation « d’espaces autres » (Michel Foucault, Architecture, Mouvement, Continuité, n°5, octobre 1984, pp. 46-49). Investissant des lieux supposément nouveaux et étrangers au regard de leurs origines nationales/régionales, les auteur.ices rencontré.e.s utilisent le medium de l’écriture pour reconfigurer les représentations des espaces présents et ou passés voire pour créer un « tiers-espace », – pour reprendre le concept de Homi Bhabha – concret ou métaphorique, qui bouleverse les hiérarchies politiques, les catégories traditionnelles ainsi que les pratiques spatiales du genre, de la langue ou encore de la religion. Traducteur.ices pour l’institution dominante qui publie leurs œuvres tout autant que pour leur auditoire, ces transfuges parviennent à conjuguer les grilles d’analyse pour faire le récit de vies sociales denses et minées de contradictions, où les appartenances territoriales et les identités nationales et sociales sont sans cesse interrogées et recréées.

La séance sera structurée en quatre parties : 

  • Lola Sinoimeri (Ecole Normale de Lyon & CETBaC) : Melinda Nadj Abonji : repenser l’espace et les identités européennes grâce au récit d’exil
  • Isabelle Linais (SciencesPo Paris) : Fazliddin Muhammadiev (1928-1986), Dar on duniye (1964) et le récit amusé d’un pèlerinage à La Mecque au Tadjikistan soviétique : l’usage de codes sociaux distincts dans la ville au service de la production d’un espace (d’auto)critique
  • Edith Ybert (CETOBaC) : Le témoignage d’une Azerbaïdjanaise progressiste, Gamida Djavanchir-Mamedkulizade, sur les sociétés multi-ethniques du Caucase du Sud et de l’Azerbaïdjan iranien dans les années 1905-1932
  • Nathalie Clayer (EHESS-CNRS, CETOBaC) : Nexhmie Zaimi : corps, alimentation et exil

Afin de mieux contribuer à la discussion, les participant.e.s sont invité.e.s, s'ils/elles le souhaitent, à lire les textes suivants disponibles ici :

  • Guy Di Méo, « subjectivité, socialité, spatialité : le corps, cet impensé de la géographie », Annales de géographie,675, 5, 2010, p. 466-491.
  • Paolo Sartori, « Of Saints, Shrines, and tractors : Untangling the Meaning of Islam in Soviet Central Asia », Journal of Islamic Studies, 2019, p. 1-40.
  • Philipp Schröder & Manja Stephan-Emmrich, « The Institutionalization of Mobility: Well-being and Social Hierarchies in Central Asian Translocal Livelihoods », Mobilities, 2014, p. 1-24.

27 février : La ville sensible : Paris-Berlin-Istanbul, XIXe-XXe siècles

Au cours de cette séance, nous proposons d’étudier l’espace urbain sous le prisme des expériences individuelles, des sens et des émotions, avec comme principal objet d’étude les métropoles d’Istanbul, de Paris et Berlin entre les XIXe et XXe siècles.

Approcher la ville par le biais des sens et des émotions, c'est avant tout être attentif aux perceptions des acteurs et leurs effets sur l'agencement de l'espace urbain. Le chercheur est ainsi encouragé à adopter une échelle plus restreinte, à faire usage de sources originales et à prendre en compte des thèmes comme le genre, le care, ou encore les expériences sensorielles (la vision, l’ouïe ou l'odorat) dans le contexte d'une métropole. Enfin, c'est une approche qui permet d'explorer l'espace urbain non pas comme un produit fini issu d'une projection rationnelle en amont, mais comme le fruit d'interaction d'acteurs présents dans la ville, en somme de leur "espace vécu" (H. Lefebvre).

Le séminaire s'organisera autour de trois temps :

  1. Gabriel Doyle (EHESS, CETOBaC) : Étudier les émotions dans les villes européennes et ottomanes : retour historiographique
  2. Juliette Alezraa (SciencesPo Paris) : Les pratiques quotidiennes, domestiques et urbaines des employées de maison au début du XXe siècle
  3. Ece Zerman (CETOBaC) : Regards sur la ville et la modernité : lumières de la ville et sentiment de vitesse

Enfin, dans un quatrième temps, nous essaierons de mettre en pratique ces réflexions sous la forme d'un atelier à partir de différents documents issus de nos recherches qui expriment un rapport sensible à l'espace urbain. Les différentes sources qui permettent une histoire sensible des villes seront exposés dans le séminaire et à commenter de tous.

La discussion se fera à l'appui de trois textes à lire en amont disponibles ici :

  •  Joseph Ben Prestel, « Introduction », Emotional Cities, Debates on Urban Change in Berlin and Cairo, 1860-1910, Oxford, Oxford University Press, 2017, pp. 1-20.
  • George Simmel, « The Metropolis and Mental Life », 1903.
  • Pauline Valade, « Sens et Émotions dans la ville : des critères d’urbanité ? (XVIe-XXe siècles) », Histoire urbaine, 2019/1, n° 54, p. 5-18.

26 mars 2020 : Modèles et pratiques d'entreprise dans l'Europe du Sud-Est : regards croisés sur l'espace ottoman et post-yougoslave (avec Milana Čergić et Andrea Umberto Gritti)

23 avril 2020 : De la mitoyenneté à la citoyenneté ? Le voisinage en question (avec Elif Becan, Xavier Bougarel, Milena Pavlović)

28 mai 2020 : titre et intervenant.e.s à définir

Suivi et validation pour le master : Mensuel annuel/bimensuel semestriel (8x3 h = 24 h = 6 ECTS)

Mentions & parcours :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe - Europe centrale et orientale

Intitulés généraux :

  • Nathalie Clayer- Histoire sociale et politique du rapport nation/confession dans l’Europe du Sud-Est à la sortie des Empires
  • Adresse(s) électronique(s) de contact : clayer(at)ehess.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 5 février 2020.

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